mes films documentaires

Les parias de la mer

52 minutes, 2001
diffusion France 2

Auteurs : Patrick Benquet et Christophe Bidot
Réalisateur : Patrick Benquet
Montage : Josiane Zardoya
Musique : Serge Roux
Producteur : ADR (Delphine Morel)

Mention spéciale du Jury du Festival Nord/Sud de Genève 2002
Sélectionné au Festival International du film d'histoire de Pessac 2002 et au FIPA 2001.
Dans le port d'Anvers arrivent chaque jour des dizaines de cargos.
Pendant un mois nous avons arpenté les quais, montant à bord des bateaux les plus rouillés, et il n'en manque pas, privilégiant ceux dont la poupe s'ornait d'un pavillon de complaisance, et c'est la majorité.

Notre objectif était d'embarquer sur un bateau poubelle pour en raconter la réalité de l'intérieur.

Les capitaines nous ont raconté des histoires de mer terrifiantes mais aucun n'a voulu prendre le risque d'être filmé. Briser la loi du silence, c'était à coup sûr s'interdire la possibilité de travailler.

Un matin, au cours de notre tour d'horizon quotidien, nous avons appris que l'équipage ukrainien d'un cargo - le Nordvik- était en grève au large de la Hollande. Pas payés depuis 6 mois, les marins avaient pris en otage la cargaison de tôles d'acier pour obtenir leurs arriérés de salaire.
Joint par radio, le capitaine accepta de nous accueillir à bord. Nous affrétâmes une vedette rapide et après 8 heures de mer, nous embarquâmes sur le cargo.

Le Nordvik est le prototype de ce qu'on appelle un bateau poubelle. Il appartient à un monde où l'armateur considère qu'il coûte moins cher de risquer un naufrage plutôt que de payer pour l'entretien

Pendant 15 jours, dans la tension, l'angoisse et les menaces extérieures, nous avons vécu dans l'intimité du capitaine, filmant heure par heure le combat qu'il mena contre des adversaires le plus souvent insaisissables :
- L'armateur, américain, domicilié au Bahamas,
- l'opérateur, russe, domicilié à Hambourg,
- le propriétaire de la cargaison, inconnu, mais dont on soupçonnait qu'il était roumain,
- la mafia ukrainienne, qui se livrait à des mouvements d'argent douteux sur la valeur de la cargaison,
- le pays d'immatriculation du navire, le Cambodge, fournisseur du pavillon de complaisance, considéré aujourd'hui comme le plus pourri de la planète.

A travers ce personnage hors du commun, totalement dévoué à son équipage mais lâché par les assurances, les autorités portuaires d'Anvers et même le syndicat des marins, nous avons découvert et montré la face cachée du transport maritime international.
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