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"La Grande Évasion Fiscale"

Libération

Le méchant, dans cette histoire, c'est la banque suisse UBS qui, au cours des années 2000, s'est lancée dans un programme à grande échelle d'aide à la fraude fiscale. Le sujet a déjà été largement défriché (par Antoine Peillon, notamment, auteur au Seuil de Ces 600 milliards qui manquent à la France et qui témoigne dans le documentaire), mais l'histoire est tellement incroyable qu'elle vaut le coup d'être de nouveau racontée. De 2000 à 2005, la France a été un pays pilote de la stratégie d'UBS : toutes les fortunes récentes du pays ont été démarchées (chefs d'entreprises, joueurs de foot...) et on leur a pro posé d'aller placer illégale ment leur argent sur un compte suisse. Une fois le système au point, la banque s'est attaquée aux Etats- Unis. Mal lui en a pris. Washington n'est pas Paris. Alors qu'en France, le gouvernement a laissé faire (parce que cela profitait à des amis politiques, laisse en tendre le documentaire), aux Etats-Unis, le département de la Justice s'est lancé dans une guerre judiciaire et diplomatique à l'encontre d'UBS. Le résultat a été la mise à mort du secret bancaire helvétique. Pour éviter qu'UBS soit interdit d'exercer sur le territoire américain, Berne a accepté de lâcher les noms des fraudeurs. Puis de faire la transparence sur tous les comptes américains ouverts en Suisse. Quant à l'ambiance de polar de la Grande Evasion fiscale, elle vient du témoignage de trois anciens d'UBS France qui, de l'intérieur, ont tenté de s'opposer à ce système. Harcelés, espionnés, puis licenciés, ils racontent com ment leur vie s'est transformée en cauchemar à partir du moment où ils sont devenus un danger pour la ban que. Ce sont eux les vrais héros de cette histoire.

Télérama

Auteur, il y a trois ans, du sidérant diptyque Françafrique, qui explorait les rapports incestueux entre la France et les responsables des pays de l'ancien empire colonial, Patrick Benquet s'aventure dans les terres opaques des comptes offshore, les dispositifs quasi industriels imaginés par les banques pour inciter leurs clients fortunés à frauder, et interroge la volonté de nos dirigeants à combattre un fléau évalué à 20% des recettes publiques, soit l'équivalent de notre déficit budgétaire ! Benquet s'attache dans son film au fonctionnement de la Suisse UBS, première banque mondiale de gestion privée.«Pour rendre lisible l'extraordinaire complexité technique des stratégies et des circuits, insiste le réalisateur, il fallait incarner les pratiques illégales. Le premier volet raconte cette histoire de l'intérieur, avec pour guides trois employés effarés de découvrir les agissements de leur société et que leur dénonciation du scandale, de 2002 à 2007, va transformer en parias. » Pressions, intimidations, exclusions, interventions des services secrets français,., cette poussière inattendue, qui grippe un système habitué à une pénombre feutrée, appelle des méthodes radicales. Mais ces employés ne désarment pas, adressent des notes à leur hiérarchie, refusent de détruire leurs fichiers professionnels sensibles, prouvent que des démarcheurs suisses d'UBS, pilotés depuis Genève, braconnent directement sur les terres françaises. Et leur audition par la brigade financière ne fait pas bouger les lignes. «En2010,l'ACP,l'autorité de contrôle des banques, a reçu une note circonstanciée,sur l'évasion fiscale pratiquée par UBS. Sans que cela mette en branle une quel conque enquête judiciaire. Le souci, c'est que dans tous ces organismes de régulation des marchés financiers, vous retrouvez les représentants des banques. Il a fallu que le bouquin de Peillon mette tout cela sur la place publique en 2012 pour que se déclenche une instruction judiciaire. » Pour Peillon, il y a une explication à ce surplace -.«A partir du moment où Sarkozy est ministre de l'Intérieur, il y a mise en place d'une hiérarchie policière en majorité dévolue au service d'un camp, voire d'un clan. » L'alternance politique a-t-elle pour autant signé la fin de la collusion entre finance et pouvoir ? L'affaire Cahuzac, celle d'un ministre du Budget chargé de lutter contre la fraude fiscale et qui détenait depuis des années un compte non déclaré en Suisse, atteste la persistance de relations frelatées. «Le personnel politique est interchangeable, commente Benquet. Ils se tiennent tous par des secrets croisés.On fait de grandes déclarations sur la transparence. Mais c'est comme avec la loi obligeant les banques à séparer leurs activités de crédit de leurs opérations spéculatives: sous la pression du lobby bancaire, elle a été vidée de sa substance. Aujourd'hui, l'Etat a besoin de récupérer un peu d'argent de la fraude fiscale. Mais pas au risque défaire sauter "le verrou de Ber y", cette législation propre à la France qui veut que seul le ministre du Budget soit habilité à déclencher des poursuites judiciaires en matière d'évasion fiscale. L'Etat n'est pas prêt à se démunir de ce levier de pouvoir,à se dessaisir de dossiers potentiellement compromettants qu'il garde par-devers lui - ils pourraient servir. Mais cette indulgence, ces renvois d'ascenseur vont finir par nous retomber dessus. Les élus ne prennent pas lame sure de l'exaspération des citoyens, faisant le lit d'une parole populiste. Or la lutte contre l'évasion fiscale n'est pas qu'un problème budgétaire, elle pose la question de la justice fiscale. Si l'égalité de tous devant l'impôt n'est pas respectée,si quelques privilégiés échappent à cette contrainte, c'est la cohésion de la société qui est en danger.»

Le Canard Enchaîné

Méthodes de banksters De l'honneur perdu d'une banque au mensonge Cahuzac en passant par la guerre déclarée à UBS par l'Amérique - qui protège ainsi ses propres paradis fiscaux -, ce documentaire en trois épisodes signé Patrick Benquet, et inspiré du livre « Ces 600 milliards qui manquent à la France », du journaliste Antoine Peillon, tient à la fois du polar enlevé et de la pédagogie nécessaire. Un savoureux cocktail à ne pas boire en Suisse...

Le Monde

Le rôle trouble de la banque UBS dans la fuite devant le fisc. Lutter contre l'évasion fiscale est un leitmotiv que l'on entend partout mais la volonté politique n'est pas toujours là pour la faire cesser. Les trois volets de ce documentaire, montrent que les intentions des autorités françaises, américaines ou helvétiques ne sont pas toujours bonnes. L'enquête le démontre clairement même pour ceux qui ne sont pas spécialistes de la finance.

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