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"Nucléaire, l’impasse Française"

Le Canard Enchaîné

Fission impossible
Partout dans le monde, des pays cherchent à sortir du nucléaire, mais la France et EDF s’y sont lancés à corps perdu.
Ce n‘est pas nouveau. Depuis les années 70, c’est sur cette seule ressource que l’entreprise a basé l’essentiel de sa stratégie de production électrique Et, malgré quelques jolies publicités destinées au consommateur, où réacteurs nucléaires, panneaux solaires et éoliennes se côtoient harmonieusement, EDF a tout misé sur l’atome, avec l’EPR comme dernière carte à jouer.
Réacteur de troisième génération, destiné à remplacer les 58 centrales françaises — qui font de notre pays le plus nucléarisé du monde par rapport au nombre de ses habitants -, l’EPR est un gouffre financier et un désastre technologique.
À Olkiluoto, en Finlande, le coût de la centrale était estimé à 3 milliards d’euros et sa mise en service prévue pour 2009. Après 7 milliards de surcoût et neuf ans de retard, toujours rien. Même chose en France, à Flamanville, avec sept ans de retard sur la feuille de route et une addition multipliée par trois.

Acier trompé
Malfaçons, problèmes de soudure, cuve du réacteur Areva fragilisée par un béton de mauvaise qualité, anomalies dans l’acier ("Le Canard" 15/4/15). Autant d’incidents et de retards qui ont aussi frappé l’EPR vendu à la Chine (Taishan), premier au monde à avoir reçu son combustible, en avril dernier.
Selon cette enquête alarmante, signée Patrick Benquet, EDF n’aurait qu’une issue pour survivre à la crise : « Construire I’EPR et le vendre à tout prix. » Aux Chinois, donc, qui en ont assuré eux-mêmes le chantier avant de construire « Dragon », copié-collé du réacteur français, quEDF contribuera cordialement à faire homologuer. Offrant à ce cheval de Troie asiatique d’être le concurrent direct de l’EPR tricolore sur le marché occidental. Bien joué !
Les Britanniques aussi ont finalement choisi le réacteur français, un véritable cadeau empoisonné. À Hinkley Point, EDF a pris tous les risques : deux centrales gracieusement offertes, clés en main. Contre-partie ? Cruelle. Pendant trente-cinq ans, les sujets de Sa Majesté paieront leur électricité deux fois plus cher. En attendant c’est EDF qui régale. Pas le choix. « Si nous voulons continuer d’avoir du nucléaire en France, il faut faire Hinkley Point », avait averti le patron d’EDF. Soutenu par I’Etat, il est alors passé en force. Et a ajouté le coût des EPR britanniques au gouffre constitué par l'entretien des vieilles centrales, le problème des déchets, les démantèlements à venir et 37 milliards de dettes.
« En désespoir », refusant d’assumer Hinkley Point, le directeur financier d’EDF a démissionné en mars 2016, mettant les députés en garde contre l’aventure financière et des « risques de construction majeurs». Lorsque l’argent manque, la sécurité fait défaut. Plutôt embarrassé, Pierre-Franck Chevet, le président de l’Autorité de sûreté nucléaire française, lâche devant la caméra : « Je ne me vois pas vous dire que, de manière garantie, il n y aura pas d’accident en France. Potentiellement, je considère qu’un accident peut survenir. » Sept ans après, les fantômes de Fukushima rôdent toujours...
Sorj Chalandon

Télérama

EDF va mal. Pire, EDF va dans le mur. Telle est la conviction affichée par ce documentaire, une implacable enquête à charge contre notre modèle de production d’électricité basé sur le nucléaire. Il décrit une entreprise au bord du gouffre financier (sa dette s’élève à 37 milliards d’euros), tellement aux abois qu’elle a tenté un coup de poker : tout miser (ou presque) sur le nucléaire, encore et toujours. Il s’agit de se refaire en exportant l’EPR, son réacteur de troisième génération. Mais la construction du bijou technologique est un cauchemar, tant se succèdent déboires techniques et dépassements de budget. La Finlande et l’Angleterre, qui se sont laissé séduire, s’en mordent les doigts. Et le reste du monde, refroidi par Fukushima et le casse-tête insoluble du traitement des déchets radioactifs, s’engage largement dans la voie des énergies renouvelables.
Patrick Benquet (La Grande Evasion fiscale) mène la charge jusque dans les arcanes d’EDF, montrant les dissensions autour de cette stratégie de fuite en avant, qui a conduit à la démission de hauts dirigeants de l’entreprise. Il épingle également les politiques qui nous gouvernent : ils maîtriseraient rarement le sujet et seraient influencés par « une caste toute-puissante » — issue du Corps des mines, en particulier. La transition énergétique est un mirage, assure-t-il, la France ne tiendra pas son engagement de passer de 75 à 50 % d’électricité nucléaire d’ici 2025.

Critique du 23/05/2018, par Marc Belpois

Suivi d’un débat animé par Marina Carrère d’Encausse.

Le Parisien

La guerre du nucléaire
«EDF n'a plus de marge, on est obligés de réussir », souffle un cadre à Électricité de France, le premier fournisseur et producteur d'électricité d'Europe, dans ce document diffusé ce soir sur France 5. Aujourd‘hui. l'entreprise. qui pèse 75 Mds€ par an, doit gérer une dette de 37 milliards. Avec 58 réacteurs nucléaires, la France est désormais le pays le plus nucléarisé au monde, avec plus de 75 % de son énergie qui provient de l‘atome.
EDF court à la faillite. Quel prix a cette dépendance ? Une nouvelle catastrophe nucléaire, telle que celle de Fukushima, est-elle totalement à exclure ? Pourquoi la France a-t-elle accepté la construction de nouveaux réacteurs en Grande-Bretagne malgré de fortes protestations internes ? Cette enquête édifiante nous plonge au cœur de l'industrie du nucléaire où tous les dirigeants politiques ont un rôle à jouer. Loin d'adopter une démarche partisane, le reportage donne la parole à de nombreux acteurs du milieu, dont de nombreuses figures au sein d'EDF.

ROBERTO GARÇON
NUCLÉAIRE , L'IMPASSE FRANÇAISE documentaire français de Patrick Benquet

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